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  Synergie des Observatoires des Usages Régionaux de l'Internet et des Réseaux | 14 décembre 2017
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Nouveau pas dans l'adoption des TIC en Wallonie mais la fracture numérique persiste

(Nathalie Hardat - AWT , 22 mai 2006)

L'Agence Wallonne des Télécommunications vient de publier sa sixième enquête sur l'équipement et l'usage des TIC par les citoyens et les ménages wallons. Les résultats de cette étude relative à l'année 2005 montrent une croissance généralisée des équipements et une intensification des usages. Mais, en même temps, la fracture numérique persiste et les citoyens non usagers sont isolés un peu plus chaque jour de cette société où tout se numérise.

En 2005, les citoyens et les ménages wallons ont réalisé un nouveau pas dans l'adoption des TIC. En effet, on assiste à une augmentation générale des équipements technologiques :

  • 63% des ménages disposent d'un ordinateur (+ 8 points),
  • 24% des ménages possèdent un ordinateur portable, ce taux ayant doublé en un an (+ 12 points),
  • 51% des ménages ont une connexion à Internet (+ 11 points), les neuf dixièmes étant à haut débit,
  • 45% des ménages possèdent un appareil photo numérique (+ 6 points),
  • 1% des ménages disposent à présent de la télévision via Internet qui est apparue en septembre 2005,
  • 73% des enfants de 11 à 14 ans possèdent leur propre GSM (+ 7 points),
  • 21% des citoyens wallons possèdent un lecteur MP3 et ce taux monte à 42% chez les 15 à 29 ans,

Parallèlement à cette croissance, il existe une réelle intensification des usages qui se marque aussi bien au niveau du nombre d'utilisateurs qu'au niveau de la régularité de cet usage. Ainsi, en 2005 :

  • 64% des citoyens wallons de 15 ans et plus ont utilisé Internet (+ 10 points),
  • 64% des Wallons ont utilisé un ordinateur et 56% l'ont fait régulièrement,
  • 61% des citoyens ont surfé sur le Web (+ 11 points),
  • 53% des Wallons ont communiqué par e-mail (+ 10 points),
  • 21% des Wallons ont effectué au moins un achat en ligne (+ 4 points).

On doit donc se réjouir de voir les TIC toucher une population toujours plus large, via des applications toujours plus nombreuses.

Cependant, malgré ces résultats très encourageants, le niveau d'adoption des TIC par la population wallonne varie énormément d'un groupe social à l'autre, provoquant des clivages connus sous le nom de "fracture numérique". En effet, les facteurs les plus déterminants en termes d'accessibilité aux technologies et en termes d'usage des TIC restent le niveau d'éducation, l'âge et le niveau de vie des Wallons. Aussi, des écarts persistent face à l'usage des TIC et d'Internet en particulier, notamment entre hommes et femmes (même si celui-ci tend à se résorber), mais également entre ménages de petite taille et de grande taille et entre ménages avec enfants et sans enfant.

Cette fracture a donc tendance à se réduire au rythme de l'apparition de nouveaux utilisateurs mais elle isole un peu plus chaque jour les citoyens qui n'utilisent pas les technologies. Ainsi, beaucoup de citoyens ne peuvent pas participer à la société de l'information, pour des raisons diverses. Lutter contre cette fracture, c'est aussi se battre contre l'exclusion sociale, au regard de l'évolution de cette société où tout se "numérise" et où certains services tendent à devenir inaccessibles aux personnes qui n'utilisent pas les technologies.

Un fossé de deux niveaux subsiste effectivement entre les usagers et les non usagers ou, pour reprendre les termes employés dans les études sur l'inégalité, entre les "ayant" et les "n'ayant pas" :

  • la fracture de premier niveau est une fracture d'accès aux technologies. Elle se trouve tant dans l'impossibilité de disposer de l'infrastructure réseau nécessaire que dans l'absence de matériel adéquat (ordinateur essentiellement),
  • la fracture de second niveau concerne la capacité des personnes à exploiter les bénéfices de l'accès aux TIC. Celle-ci se pose dès lors en termes de connaissances et de compétences requises pour l'usage.

La fracture est avant tout générationnelle et éducationnelle, mais aussi économique, culturelle et sociale. En outre, celle-ci ne s'incarne pas seulement dans les usages de l'informatique et d'Internet. Elle se matérialise également dans l'usage d'autres technologies pourtant banalisées aujourd'hui, comme le retrait d'argent dans un terminal bancaire ou encore la programmation de la télévision pour recevoir une nouvelle chaîne. D'ailleurs, les observations de 2005 montrent que 8% des Wallons ne réalisent aucune activité de ce type liée aux technologies. De plus, 3% des Wallons ne pratiquent aucune des activités informatives ou culturelles telles que lire un journal quotidien, lire une revue, écouter la radio, regarder le journal télévisé, voir un film au cinéma, participer aux activités d'un club ou d'une association.

C'est la raison pour laquelle les pouvoirs publics doivent se mobiliser autour de cette question. Il conviendrait d'agir selon trois axes :

  • donner l'occasion aux non utilisateurs d'expérimenter ces technologies,
  • apporter des démonstrations concrètes et pertinentes de l'utilité quotidienne de ces technologies,
  • expliquer le fonctionnement des TIC et inciter aux bonnes pratiques.

En effet, plusieurs actions peuvent être envisagées pour améliorer l'accessibilité aux TIC et favoriser leur usage :

  • équiper les ménages : des efforts restent à faire pour favoriser l'achat de matériel, diminuer les coûts de l'équipement et pour déployer davantage les connexions Internet à haut débit à tarif attractif.
  • sensibiliser les Wallons aux TIC et à Internet : il est impératif d'encourager et d'inciter à l'usage des TIC. Les observations montrent que les personnes ayant des proches utilisateurs sont également plus enclines à utiliser les technologies que les personnes n'ayant pas d'usager dans leur entourage. Par ailleurs, le nombre de Wallons utilisant l'ordinateur à des fins privées passe du simple au double s'ils ont suivi une formation à l'informatique.
  • favoriser les communautés et les réseaux : certaines communautés, associations, ou réseaux sont dédiés à un groupe social particulier et incitent les personnes appartenant à ce groupe à utiliser les TIC. C'est le cas, notamment, de certains clubs pour seniors ou pour jeunes, d'associations sportives ou culturelles, qui poussent leur membres à utiliser les technologies dans le cadre de leurs activités.

Enfin, malgré tous les efforts fournis et à fournir dans le futur, il convient de rester conscient qu'une partie de la population restera, pour de multiples raisons, réfractaire à l'usage des TIC. En effet, le taux de Wallons déclarant qu'ils n'utiliseront probablement jamais Internet est de 24%. Néanmoins, ce taux présente une diminution de 7 points par rapport à 2004, soit - 23% en croissance relative. On peut dès lors penser que cette opinion évoluera encore dans les années qui viennent, car cela laisse un potentiel d'une dizaine de pour-cent de personnes qui pourraient être amenées à découvrir les TIC dans un avenir relativement proche.


 

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