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  Synergie des Observatoires des Usages Régionaux de l'Internet et des Réseaux | 16 décembre 2017
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Les patrons wallons doivent améliorer leur culture numérique !

(Hélène Raimond - AWT , 29 janvier 2009)

A l'occasion de la parution de la nouvelle enquête 2008 relative aux usages des TIC des entreprises de plus de 5 travailleurs, l'AWT dresse une série de constats qui mettent en lumière les effets néfastes de la petite taille d'une entreprise sur ses comportements technologiques.

Ainsi, on constate que les entreprises wallonnes disposent du socle technologique de base (+ de 90% des entreprises disposent à la fois, d'un ordinateur, d'une connexion à Internet, d'une adresse électronique et d'un GSM professionnel) mais qu'elles ne tirent pas profit de ce socle pour adopter des usages avancés d'Internet (10% de vente électronique, 42% d'achat en ligne mais seulement 21% pour de l'approvisionnement et 20% d'e-business).

On impute cette situation à plusieurs facteurs :

  1. les PME manquent de moyens financiers et humains pour tirer pleinement profit des TIC. A peine 30% des entreprises wallonnes disposent d'un informaticien ou d'un service informatique en interne. Par ailleurs, les TIC ne sont pas suffisamment intégrées au coeur de métier des entreprises et les dirigeants ne mesurent pas suffisamment leur apport concret. La sous utilisation des réseaux à très haut débit est également un facteur qui risque de devenir de plus en plus pénalisant notamment dans le cadre du web 2.0 ;
  2. une offre TIC pas toujours adaptée. Le secteur TIC n'a pas pour vocation d'éduquer le marché des PME et n'est d'ailleurs pas toujours le mieux placé pour analyser globalement les besoins des PME et dégager des troncs communs de demandes technologiques qu'il serait rentable de satisfaire. Les associations professionnelles ont une vision plus claire de cette problématique. Les entreprises du secteur TIC pourraient toutefois améliorer leur offre en la rendant plus accessible aux non-spécialistes qui tentent de s'y retrouver ;
  3. un manque d'éducation numérique. Celle-ci est pourtant cruciale. D'elle dépend la capacité du patron à comprendre les avantages que son entreprise pourra retirer d'une utilisation avancée des TIC. Une étude récente de Combell et KMO-IT (2008), auprès de 1900 hommes et femmes d'affaires belges, a montré que les chefs d'entreprises et les informaticiens ne parlent pas le même langage. Deux entrepreneurs sur trois n'utilisent pas de carte 3G, tandis qu'un sur cinq ne sait pas ce dont il s'agit. 40% n'ont jamais utilisé Skype, tandis que six sur dix ne possèdent aucun profil sur les réseaux sociaux.

Le manque de compétences IT en interne et la culture numérique sommaire des dirigeants d'entreprises expliquent les difficultés récurrentes que rencontrent les PME lorsqu'elles veulent mettre en œuvre un projet informatique :

  1. trouver des produits/services flexibles qui peuvent évoluer en interne,
  2. trouver des produits et services TIC spécifiques au métier de base (et ce alors que 69% des offreurs TIC wallons disent travailler pour un secteur/métier en particulier !). Les acteurs du secteur TIC travaillent en priorité pour la santé, les finances et le secteur public alors que les demandes de solutions métier émanant des entreprises viennent des industries secondaires (bois, chimie, plastique, alimentaire, etc.), de l'HORECA et des services aux entreprises (secteurs à multiples facettes allant du nettoyage à la consultance spécialisée)
  3. comprendre et analyser l'offre de logiciels,
  4. identifier les besoins TIC et mettre en oeuvre un projet TIC pour y répondre,
  5. rédiger le cahier des charges des projets TIC. Par rapport à ces difficultés récurrentes, le secteur TIC n'a pas de solution miracle. L'enquête consacrée au secteur met en lumière que le manque d'éducation numérique et de moyens financiers des PME constituent deux difficultés majeures par rapport au public des PME.

Pour la première fois, l'AWT a étudié l'équipement logiciel des entreprises de plus de 5 travailleurs en dehors de la suite Office ou de son équivalent en logiciel libre. Les trois principaux types de logiciels présents au sein des entreprises régionales en dehors de la suite bureautique sont :

  1. le logiciel d'intermédiation bancaire "Isabel" (59%) ;
  2. les logiciels métiers développés sur mesure (38%) ;
  3. les logiciels de gestion de la paie (30%).

Le logiciel en tant que service (Saas) n'est pas pour tout de suite : 43% des entreprises wallonnes préfèrent acheter les licences d'utilisation de leurs logiciels et bénéficier d'un forfait pour la maintenance. Seulement 19% des entreprises semblent prêtes à souscrire à un logiciel en tant que service payable à l'utilisation avec hébergement externe des PC et des serveurs. Les entreprises veulent rester propriétaires de leurs applications, mais aussi de leurs données, puisque 38% ne souhaitent aucun hébergement de données en externe. Actuellement, seul l'hébergement de sites web est en croissance linéaire.

La sous-traitance à caractère TIC concerne pourtant régulièrement 64% des entreprises wallonnes de plus de 5 travailleurs. De plus, 38% des entreprises ont eu recours au moins une fois à un sous-traitant TIC issu d'une des deux autres régions du pays.

Les entreprises sous-traitent les questions informatiques pour deux raisons essentiellement :
-  le caractère peu technophile et/ou la petite taille de l'entreprise,
-  l'envergure et la complexité des projets technologiques à réaliser. Dans ce cas, le recours à des sous-traitants flamands ou bruxellois est plus fréquent.

Par ailleurs, les domaines privilégiés de sous-traitance TIC sont :
-  l'installation et la maintenance de logiciels (53%),
-  les services liés aux sites Web (création, modification, référencement, hébergement) (39%),
-  le développement/implémentation de logiciels spécifiques ou sur mesure (34%). L'analyse approfondie des besoins technologiques des entreprise a permis de mettre en évidence que les critères de choix des prestataires TIC dépendaient de certaines caractéristiques des entreprises comme la taille, le secteur d'activité, la présence d'un informaticien ou encore l'exportation.

Vu la complexité et les multitudes de croisements qui peuvent être opérés entre les caractéristiques des entreprises et leurs critères de choix des fournisseurs TIC, L'AWT a développé un outil diagnostic en ligne de la demande de TIC pour aider les fournisseurs de technologie à mieux cerner les attentes des publics d'entreprises qu'ils visent. De façon générale, on remarque que la proximité géographique du fournisseur, sa rapidité d'intervention, son prix et sa disponibilité sont des critères plus importants pour les petites structures vu qu'elles ne disposent pas de compétence TIC en interne pour traiter les urgences.

Les grandes entreprises sont un marché à part entière pour les offreurs de technologies. En effet, elles ont des taux d'usages technologiques avancés deux à trois fois plus élevés que les autres classes de tailles d'entreprises.

Quelques chiffres clés illustrent ce constat :
-  66% des grandes entreprises sont multi sites,
-  57% sont soumises à une concurrence internationale,
-  68% sont exportatrices.

Cela explique que :
-  100% d'entre elles disposent d'un site Web,
-  34% pratiquent la vente électronique,
-  64% travaillent en réseau. Dès le début des années 2000, Agoria a d'ailleurs montré qu'en Wallonie, 80% des investissements TIC émanaient d'environ 20% des entreprises (principalement les grandes entreprises).

En conclusion on peut dire que les PME ont encore besoin de sensibilisation aux usages avancés des TIC et qu'il faut aider les dirigeants de PME à acquérir une meilleure culture numérique. Ces connaissances les aideront à davantage tirer profit de l'offre de technologies existante. Les acteurs de développement économique et les associations professionnelles devront travailler main dans la main et adopter une approche sectorielle pour mutualiser des besoins technologiques d'entreprises exerçant des métiers similaires. Ainsi, ils feront émerger des troncs communs de demandes technologiques qu'il sera rentable de rencontrer pour le secteur TIC régional.

L'étude est disponible sur le site de l'AWT.


 

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