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Le secteur TIC wallon sous la loupe

(Isabelle Rawart - AWT , 6 février 2009)

Le secteur TIC wallon a fait l'objet d'une étude générale concernant l'ensemble de ses acteurs et d'une analyse approfondie dédiée aux activités de production, de développement logiciel et de services. Sur les 32.000 acteurs TIC belges, un quart environ sont wallons, 14% sont bruxellois et 60% sont flamands. Deux tiers des acteurs TIC wallons travaillent seuls et environ 60% sont des indépendants (dont 61% à titre complémentaire).

Indicateurs généraux

Le secteur TIC wallon représente environ 16.700 emplois salariés, soit 2,9% de l'emploi salarié privé en Région wallonne et 1,3% de l'emploi wallon total. Ces chiffres ne tiennent pas compte des indépendants, qui représentent environ 3 à 4000 emplois. Le secteur TIC ne représente aujourd'hui que 4% du produit intérieur brut de la Belgique, mais un sixième de la croissance du PIB a été assuré par les TIC sur les dix dernières années.

Le chiffre d'affaires réalisé par le secteur TIC wallon est estimé à 3 milliards d'euros, pour un total belge (télécoms compris) de 37 milliards d'euros. Les activités de développement de logiciels et de services TIC comptent pour environ 60% dans le chiffre d'affaires du secteur TIC wallon. Le chiffre d'affaires TIC wallon est réalisé pour moitié par les TPE et indépendants, et pour l'autre moitié par les PME et grandes entreprises. Les entreprises occupant au moins 50 travailleurs sont cependant fort peu nombreuses (moins de 50).

Fin 2007, la création de valeur ajoutée dans le secteur TIC belge a été estimée à 12,6 milliards d'euros, dont 44% sont assurés par les télécoms. Hors télécoms, la valeur ajoutée du secteur TIC belge est donc estimée à 7 milliards d'euros (16% pour la production, 84% pour les services). La Wallonie contribue pour 11% à la valeur ajoutée du secteur TIC belge hors télécoms (Bruxelles : 32%, Flandre : 57%).

La sévérité apparente de ces chiffres doit être tempérée par un certain nombre de facteurs. Parmi ceux-ci, on citera la taille supérieure de la population flamande, le caractère francophone de Bruxelles qui attire naturellement des entreprises wallonnes, la présence quasi exclusive des grands acteurs TIC internationaux et des grands clients TIC potentiels dans la capitale ou sa périphérie, par définition flamande.

Activités du secteur TIC wallon

L'activité des acteurs TIC est presque toujours multiple et associe souvent production, distribution et prestation de services associés. Globalement, on peut estimer la répartition des acteurs TIC wallons en fonction de leur activité principale comme suit :

  • production d'équipements TIC : 3% des acteurs TIC wallons. Il s'agit principalement de producteurs d'équipements informatiques et de périphériques ;
  • solutions logicielles : 26%. Près d'un tiers des développeurs wallons de logiciels éditent des progiciels de gestion (ERP, CRM, SCM…). Ce taux est plus élevé que dans les autres régions belges, mais il s'agit souvent de solutions génériques qui sont paramétrées et personnalisées selon les besoins du client ;
  • services TIC spécialisés : 45%. Sans tenir compte du caractère principal ou secondaire de l'activité, on arrive à 87% d'acteurs TIC wallons offrant des services TIC spécifiquement liés à des produits, logiciels ou infrastructures. Les prestataires wallons proposent surtout des services liés à :
    • l'installation et à la maintenance de hardware et de software ;
    • des sites web (création, modification, référencement, hébergement) ;
    • l'intégration de logiciels personnalisés ;
    • l'outsourcing IT.

Par ailleurs, 61% des acteurs TIC wallons offrent des services de consultance, mais seulement 7% des acteurs TIC wallons se limitent à cette activité.

Les acteurs TIC wallons sont très attentifs à fournir des solutions personnalisées à leurs clients : 45% en font l'objectif principal de leur stratégie commerciale. Près de deux tiers des sociétés TIC wallonnes cherchent à opérer sur un marché de niche : un segment de marché associé à un type de clientèle précis (30% des sociétés TIC wallonnes) ou à un produit/service spécialisé (34%).

Les secteurs les plus visés par les offreurs TIC wallons sont, dans l'ordre :

  • la santé, le (para)médical et le pharmaceutique,
  • le secteur de la finance, les banques et assurances,
  • le secteur (para)public, la construction et la distribution.

Réactivité du secteur TIC wallon

85% des acteurs TIC wallons auraient procédé, ces 3 dernières années, à au moins un type d'adaptation de leur offre. Si l'on ne considère que les adaptations à caractère innovant, c'est-à-dire au niveau des produits et services et des processus de production, ce taux tombe toutefois à 73%.

63% des acteurs TIC wallons ont de nouveaux projets d'activités en cours. Ce résultat souligne le caractère dynamique du secteur, même si cet indicateur ne peut être assimilé au développement d'activités innovantes au sens strict. Le montant total investi par le secteur TIC wallon en 2007 en R&D peut être estimé à 130 millions d'euros.

Le secteur TIC wallon est réactif mais reste trop peu proactif : il répond à la demande de la clientèle existante, perçoit difficilement l'innovation, et reste trop centré sur la Wallonie, que ce soit en termes de marché ciblé ou en termes de zone d'activités.

Partenariats

42% des acteurs TIC wallons disent avoir établi des partenariats avec d'autres entreprises de leur secteur. En excluant la distribution ou les télécoms, ainsi que les indépendants complémentaires, le taux grimpe à plus de 56%. La majorité des partenariats se nouent suite à un réseautage professionnel ou personnel. La proximité géographique est aussi un facteur important. Ce sont surtout les grandes entreprises qui établissent des partenariats avec l'étranger.

Les partenariats établis par les acteurs TIC wallons sont majoritairement de nature stratégique. Dans un cas sur deux, il s'agit de vendre davantage en se donnant les moyens de répondre à des appels d'offres et en étoffant son offre de produits et services. Les partenariats technologiques sont par contre moins fréquents : un peu plus d'un acteur sur quatre. 7% des acteurs TIC wallons seulement disent avoir déjà noué un partenariat avec une université ou un centre de recherche.

Quel avenir ?

Le secteur TIC wallon se caractérise par de nombreux petits acteurs, très attentifs à fournir des solutions personnalisées à un marché wallon étroit, composé surtout de petites entreprises, disposant de faibles moyens financiers et de peu de compétences TIC en interne. Dès lors, les clients ont beaucoup de difficultés à exprimer leurs besoins métiers aux prestataires TIC, et leurs demandes correspondent à des usages peu avancés des technologies. L'offre TIC est ainsi peu avant-gardiste.

L'avenir du secteur TIC wallon semble lié à la volonté et à la capacité de ses acteurs à :

  • mieux comprendre le fonctionnement métier des entreprises wallonnes clientes et adapter leur communication en ce sens ;
  • identifier, le plus vite possible, des prestations innovantes, afin de pouvoir se positionner efficacement sur le marché ;
  • étendre ses ambitions hors de la région francophone, notamment en développant des partenariats commerciaux et technologiques ;
  • se spécialiser en vue de détenir des compétences de plus en plus pointues.

Des mesures d'accompagnement du secteur TIC sont indispensables en matière de veille technologique et de marché, ainsi qu'en matière de formation des prestataires TIC, qui peinent à trouver des techniciens qualifiés ainsi que des techno-commerciaux (4.000 postes vacants recensés dont 1.750 consultants business).

Face au nombre important d'acteurs wallons en matière de développement logiciels, une réflexion est aussi à mener quant à la mobilisation potentielle d'une ou plusieurs grappes verticales d'entreprises pouvant créer des chaînes de valeur (en génie logiciel, ingénierie de la connaissance ou logiciels métier par exemple). D'autres chaînes de valeur pourraient être mobilisées par rapport à une technologique émergente (technologies mobiles, systèmes embarqués…) ou par rapport à un marché de niche (ex. : l'e-santé, l'e-gouvernement, l'infogérance, l'e-logistique...). Toutes formes d'associations entre acteurs wallons devront être encouragées, voire stimulées par des organismes spécialisés du type de l'AWT. Des initiatives comme celle du M-Forum (mettre un lien) sont à reproduire afin de développer les plateformes technologiques favorisant les échanges de type business.


 

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